Il y a un type que j'apprecie particuliérement à la rédaction de Charlie Hebdo c'est le docteur Pelloux. Mais si souvenez vous durant l'été caniculaire ou nos anciens passé l'arme à gauche par milliers. Il y eu un mec pour prévenir quelques jours avant la catastrophe que nous foncions droit dans le mur. Ce jeune homme en colére c'était lui, depuis il utilise les pages de charlie pour rendre compte du systême de santé francais et de même de la société francaise.
Petit extrait éloquent en date du mercredi 17 mai.
"Jeudi 11 mai, aux alentours de 16 heures. Les pompiers nous aménent deux jeunes ados, les vêtements couvert de sang, la tête pleine de plaies et d'hématomes, le nez défoncé. Le sergent nous dit:" Il y en a encore un bon paquet qui arrivent. ca se bat de la bastille à daumesnil." En effet, les suivants débarquent, encore plus fracassés. Le sang dégoulinait de partout. L'un d'eux, un noir, saignait à gros bouillons, les lévres fendues en deux. Puis arrivent d'autres brancards, garnis de policiers, cette fois. Eux aussi ont eu droit à leur raclée. Sur le boulevard Poniatowski, ils ont demoli un escadron de gendarmes!
Ils, ce sont les forains, qui défilaient ce jour là pour demander aux pouvoirs publics d'agir contre laviolence à la foire du trône...Et surtout protester contre le projet de taxe sur les caravanes et exiger des emplacements en centre ville.
Résultat du rassemblement: un marché saccagé - pourtant, il s'agit de l'outil de travail de commercants itinérants, comme eux - et une belle ratonnade comme les XI et XII arrondissements n'en avaient pas connu depuis longtemps. Car, en même temps que les coups de pied, de bâton et de barre de fer, les insultes racistes ont plus dru. Et quand, place Daumesnil, des policiers ont tenté de protéger un petit groupe de jeunes du massacre, ils ont sévèrement ramassé. L'un des fonctionnaires s'est même fait traiter de sale flic mouchard, alors qu'il tentait de sortir un gamin de dix sept ans des pattes d'une douzaine de forains. Dans le couloir des urgences, allongé sur son brancard, le "sale flic" explique au parents du môme qui le remercient qu'il ne faisait "que son job".. Sur le brancard voisin, un petit vieux, le nez en bouillie, raconte que, "chaque année, c'est de plus en plus violent dans le quartier".
Evidemment, tous les forains ne sont pas aussi enragés, et beaucoup d'entre eux ont essayé d'arrêter le carnage. Mais on a tout de même vu arriver une douzaine de blessés, tous jeunes, tous de peau plus ou moins mate, dont la moitié au moins devra passer au bloc opératoire pour se faire réparer le nez. Impossible de savoir, au total, combien de personnes ont été agressées. Selon l' A.F.P., la manifestation était bonne enfant. Vous auriez vu la gueule des enfants aprés la manif'.
A l'issue de cette petite sauterie conviviale, une délégation de manifestants a été recue à l'assemblée nationale et, dans la soirée, le ministére de l'interieur faisait savoir que les préoccupation des forains allaient trouver une solution trés rapide. Le même jour, les médecins hospitaliers faisaient gréve pour protester contre la politique de dégradation du systéme de santé. Dans le respect de la loi, sans troubler l'ordre public, sans même casser un flacon de mercurochrome et assurant la sécurité des malades. Eux, en revanche, n'ont pas été recus. Même pas un coup de fil.
Que faut il en conclure? Que ce gouvernement n'a que mépris hautain pour le dialogue social et ne respecte que la violence, les coups de force, les communautarismes et les corporatismes? Tout porte à le croire en tout cas. Ou alors, c'est qu'il pense que les francais ont plus besoin de manéges que de lits d'hôpitaux !
HISTOIRE D' URGENCES PAR PATRICK PELLOUX
à lire tous les mercredis dans charlie hebdo
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